Forestière

S’il fait à nouveau frais (voire froid) et humide à Arbent, contrairement à 2015 et 2016 nous devrions échapper au déluge. Cette année les précédents parcours de 125 et 150 km sont regroupés en un seul de 130 km, sans le col de la Rochette mais un passage durci après Cerdon. Un parcours qui devrait suffire à départager les hommes forts venus en nombre ce matin : la bataille entre Geoffrey Lucat, David De Vecchi et Stefano faisant rage pour le challenge DT Swiss. A leurs côtés sont présents Gilles Foucault (mon copilote du jour), Jérémy Brunello, William Turnes, Frédéric Ostian… Plus quelques coureurs locaux forcément motivés à domicile 🙂

ForestièreDès la sortie d’Arbent le rythme s’accélère dans la côte de Viry ; bien calé aux avants-postes le rythme tourne autour de 5,5 W/kg dans les roues. De quoi faire une première sélection de trente coureurs et se réchauffer : la route est sèche mais la température avoisine les 5-6°C, pas de quoi transpirer. Des averses se profilent au loin, mais pour le moment je reste concentré sur les quelques attaques secouant le groupe, tout en économisant mes forces car les jambes ne sont pas super aujourd’hui. Pas grand chose à signaler dans les 40 premiers kilomètres à part des routes sinueuses, parfois humides en forêt… Où tout le monde reste prudent.

Une bonne vingtaine de coureurs aborde la côte de la Heyriat, là où j’avais eu tant froid l’édition précédente… Ce coup-ci rien de tel, Hugo Dietlin assure une grosse poursuite derrière un coureur échappé à 15″ ; tout le monde souffre et suit presque en silence. Au sommet Stefano tente sa chance plusieurs fois, William aussi pour se tester ; à chaque fois les hommes verts du VC Bellegarde ramènent tout le monde… Leur tactique est claire : on roule pour Geoffrey 🙂 L’allure se calme ensuite sur le plateau, nous prenons une bonne rincée au col de la Pisseloup ; j’ai les jambes dures dans la descente, peu confiant pour la suite.

L’accumulation de difficultés réduit le groupe de tête à une vingtaine d’hommes, le col de la Combe du Val est franchi presque dans l’élan avant une longue descente sur Cerdon. Le soleil fait enfin son apparition, un petit moment de flottement permet à chacun de se découvrir, manger, boire, etc. Sans prêter attention à la modification de parcours je décide d’accélérer dès le pied de la montée de Bôches : entre 6 et 7 W/kg ça étire sérieusement le groupe et élimine les plus faibles, avant de virer à gauche dans un faux-plat étroit entre les vignes. L’allure redescend d’un cran, tout le monde revient et David sort du bois.

Un peu court je rétrograde en milieu de groupe, avant de me ressaisir dans les très forts pourcentages qui suivent. Stefano, William, David, Geoffrey s’extraient de la meute suivis de justesse par Duncan Alexander ; Gilles, Hugo et Jérémy plafonnent à quelques secondes derrière au moment où je les rejoins. Une courte descente permet de souffler, avant un dernier assaut tout à gauche pour basculer au sommet. J’y donne tout mais ce n’est pas suffisant pour faire la jonction : un petit groupe se forme avec Hugo, Gilles, Jérémy, Bruno Morel et moi à 15″ des leaders. Avec de gros relais l’écart se maintient pendant quelques kilomètres, y compris dans le faux-plat nous menant à Ceignes.

Mais le long de l’autoroute les meilleurs embrayent franchement et l’écart passe brusquement à 30″ : nous les perdons de vue ce qui met un coup au moral. Il reste néanmoins 40 km à couvrir d’ici l’arrivée et un top 10 à sécuriser : tout le monde se met à la planche, à part Hugo qui finit par lâcher prise. Encore plein de force j’assure une bonne partie du travail avec Jérémy jusqu’à Matafelon, parfaitement encadrés par les motos ouvreuses. Quelques lignes droites permettent de jauger l’écart avec nos poursuivants : à peine une minute avec une dizaine d’hommes, il ne faut pas s’endormir.

Je reprends le manche dans la côte de Samognat : proche de 6 W/kg après 3h30 de course tout le monde est à fond pendant de longues minutes, avant de dérouler à 5 W/kg au sommet pour en garder un peu. A ce rythme je suis à peu près certain que nous ne serons pas revus par nos adversaires directs et commence à penser au sprint car il y a une sixième place en jeu. Majoritairement urbains les kilomètres défilent rapidement jusqu’à l’aérodrome d’Oyonnax, avant la flamme rouge vers Marchon. J’accélère dans le dernier taquet du parcours, sur des petits pavés à 500 m de la ligne : en crevaison lente Jérémy ne peut suivre, Bruno et Gilles partent à ma poursuite mais j’ai 10 m d’avance à l’entrée du dernier rond-point.

Encore 200 m de faux-plat descendant, une grosse relance m’assure la première place du groupe et la sixième place scratch. Le résultat est très bon avec les sensations et la météo du jour ; je suis déçu d’avoir craqué à Cerdon mais très satisfait de mon gros finish dans la dernière heure. 2’30” plus tôt Stefano parvient à s’imposer en solitaire après un contre vers Samognat, devant Geoffrey, David, William et Duncan à 30″. Bruno, Gilles, Jérémy complètent avec moi le top 9, suivis de Maxime Galletti à 1’30” ; j’apprendrai plus tard (trop tard puisqu’on était déjà sur la route 😛 ) que je finis premier des 30-39 ans… Tant pis, je regarderai plus attentivement le classement dans une semaine à Marseille, pour la finale du Trophée Label d’Or sur les Bosses de Provence 😉

Résultat(s) : Forestière – grand parcours

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