Cimes du lac d’Annecy

Cette année les organisateurs des Cimes du lac d’Annecy ont décalé l’épreuve de début octobre à fin août : pari gagnant pour la météo, puisque soleil et chaleur nous accueillent au bord du lac. Ainsi 800 cyclosportifs ont fait le déplacement pour cette édition ; une participation en nette hausse malgré la concurrence des championnats du monde d’Albi et la Marmotte Pyrénées. Pas de surprise sur le parcours (inchangé depuis 2011), ni côté peloton avec la présence de mes rivaux habituels ainsi que quelques coureurs locaux. L’ambiance est décontractée et il fait déjà chaud au départ, neutralisé quelques kilomètres jusqu’à la sortie de St-Jorioz.

Cimes du lac d'AnnecyA peine le temps de s’échauffer que nous entamons le col de Leschaux, idéal pour une mise en route progressive. Les jambes tournent encore très bien ce matin, je ne quitte pas les premières positions du peloton qui se réduit gentiment avec les accélérations de Julien Lodolo. Une bonne vingtaine au sommet, c’est parfait avant d’entamer le Semnoz ; longue ascension régulière qui va dégager les hommes forts du jour. Sous l’impulsion de Yoann Sert ça monte vite, très vite dès les premières pentes : régulièrement à 5,5 W/kg sans à coups ça me va très bien et nous réalisons un temps canon sur ce segment (record personnel).

L’écrémage se fait par l’arrière, nous sommes moins d’une douzaine dans un léger replat à 4 km du sommet lorsque Cédric Richard attaque. Personne ne réagit vraiment, j’en profite pour me ravitailler et l’écart monte à 30″ avant de repasser le petit plateau pour les derniers lacets. Anticipant l’accélération des meilleurs je sors en contre autour de 6 W/kg, avant de me faire reprendre par l’avant-garde du groupe à 2 km du sommet : c’est dur, tout le monde est à fond et je perds quelques mètres au ravitaillement avant de recoller et relancer l’allure dans le faux-plat du dernier kilomètre.

Nous sommes huit à basculer dans la descente vertigineuse sur Quintal : Julien et Stéphane Cognet assurent des trajectoires au cordeau, la route est sèche et ça file à toute allure, nickel. Cédric est revu quelques minutes plus tard, derrière c’est déjà loin : à coup sûr le futur vainqueur est parmi nous, et j’ai encore du gaz 🙂 Malgré la réticence de certains les relais tournent pas trop mal jusqu’au col de Plainpalais : j’en fais beaucoup avec Cédric, Stéphane, Julien et Stefano Sala (mon favori du jour après sa démonstration aux Deux-Alpes) tout en gardant une petite marge pour le final…

Cimes du lac d'AnnecyHabituellement peu à l’aise dans les pourcentages roulants de Plainpalais ça se passe bien aujourd’hui : assurant un gros boulot (5 à 5,5 W/kg) avec Stéphane on continue de fatiguer les troupes avant de reprendre les randonneurs et quelques concurrents du petit parcours. Il fait de plus en plus chaud et la boisson se vide rapidement ; pas sûr que deux grands bidons suffisent aujourd’hui, mais on y réfléchira plus tard… Encore une descente rapide et encombrée par le trafic, personne ne cherche à faire la différence car le col des Prés se profile en juge de paix. Après 2h30 de course intense ses pourcentages élevés forcent toujours la décision : aujourd’hui ne fera pas exception.

Dès le pied je fais le forcing, quasiment à 7 W/kg : le groupe explose en quelques minutes, j’emmène Stefano et Stéphane avec moi, qui relaie tout de suite. Le rythme reste élevé jusqu’à Thoiry où nous soufflons quelque peu. Cela profite à Cédric et Florian Pinel qui parviennent à recoller au prix d’un gros effort ; les autres ne seront plus revus. La pente se cabre de nouveau à 5 km du sommet, où Stefano place une accélération progressive : à 6 W/kg ça ne tient pas longtemps, Cédric puis Florian décrochent alors que je suis au rupteur. Deuxième attaque de l’Italien, plus franche : là je ne peux pas réagir et dois laisser filer le duo à 4 km du sommet, l’écart augmentant lentement mais sûrement.

J’accuse le coup et reprends un rythme moyen à 5 W/kg, ce qui permet à Cédric de rentrer : nous basculons ensemble au sommet, non sans mal à 30″ de la tête et plus de 2′ sur nos poursuivants. Pas besoin de discuter avec Cédric, on se ravitaille et embraye de suite à deux : plus que ça à faire jusqu’à la ligne 45 km plus loin. Souvent autour de 4-4,5 W/kg au plat je sais que nous y perdons du terrain sur le duo de tête, alors que nous maintenons un bon 5 W/kg dès que la route s’élève, suffisant pour conserver nos positions. Je profite quand même des lacets au Châtelard pour vérifier que ça ne rentre pas derrière… RAS 🙂

Cimes du lac d'AnnecyUn début de crampes m’alerte à 25 km de l’arrivée, où je bois abondamment et vide mes bidons : c’est pareil pour mon compagnon de route ; le motard sympa qui nous ouvre la route nous ravitaille quelques kilomètres plus tard. Voilà une inconnue résolue, ça tiendra jusqu’à la ligne… Merci à lui pour l’eau et la sécurité routière ! Cédric roule toujours aussi fort, c’est toujours un plaisir de le relayer jusqu’au col de Leschaux qui finit de brûler les cuisses. A partir de là ça plonge en pente douce sur St-Jorioz pendant 12 km, jusqu’à la ligne d’arrivée.

Plus à l’aise dans les enfilades de virages j’ouvre la route, tout en réfléchissant à comment mener le sprint car il y a un podium scratch en jeu. Les relais restent appuyés jusqu’à la flamme rouge, pour s’éviter tout retour de l’arrière. Je décide d’accélérer pour passer en tête au kilomètre, sur un final tortueux que l’on connaît parfaitement. Cédric reste calé dans ma roue et je lance un long sprint de 500 m, que je remporte au bord des crampes à 2’30” du duo vainqueur (Stefano Sala devant Stéphane Cognet). Très content de cette collaboration amicale, sans arrière pensée pour un excellent résultat et des sensations au niveau du week-end précédent.

Sept minutes plus tard Florian Dufour et Florian Pinel complètent le top 6. Les écarts sont importants à l’issue d’une finale intense du Challenge Rotor Cyclo’Tour, remporté au scratch par Stéphane Cognet à l’issue d’une saisie exceptionnelle de régularité (quasiment que des podiums ou victoires sur les manches LVO). De mon côté le résultat du jour m’assure la première place chez les 30-34 ans avec un joli trophée et un pédalier Rotor en cadeau : cerise sur le gâteau d’une très belle journée, avant de se retrouver devant une bonne tartiflette locale. Merci à l’organisation toujours au top, et rendez-vous en 2018 !

Résultat(s) : Cimes du lac d’Annecy – grand parcours / Challenge Rotor Cyclo’Tour – général

7 réflexions au sujet de « Cimes du lac d’Annecy »

  1. Bonjour, bravo pour ton finish lors des dernières manches Cyclo’Tour… Je termine juste derrière toi au classement scratch, bien que n’ayant pas du tout le même niveau (!)… cependant j’ai vu que tu n’avais fais que 7 manches : alors félicitations.

  2. Bonjour et merci, initialement le Challenge n’était pas un objectif (surtout sans faire la Corse), mais avec Arvan-Villards et Chambérienne ça faisait quelques bonnes manches… donc voilà 🙂

  3. Du coup tu fais podium scratch de l’épreuve, victoire caté de l’épreuve, victoire caté du challenge … le déplacement valait le coup !

    PS : tu devrais mettre les liens des classements en target=”_blank” (perso je préfère, après les gouts et les couleurs …)

  4. OK, encore bravo.
    J’ai lu dans un de tes articles, au niveau enchaînement d’épreuves sur plusieurs jours, que tu semblais plus “aguerris” cette année, comparé aux années passées. Aurais-tu quelques conseils à donner pour enchaîner les jours ; pour ma part, j’ai l’habitude de faire des épreuves assez longues (je préfère 200 bornes en montagne, que 120 par exemple), cependant je suis rarement “mieux” sur un 2nd jour. Sur l’Arvan, je n’ai fait que 2 jours (Galibier + la cyclo), résultat : je suis bien sur le Galibier (à mon niveau bien sûr), et bien que cet effort ne soit pas trop long et en rentrant sur Hermillon en récup., j’ai du mal à bien remettre en route le lendemain dans le Glandon, avant de bien terminer dans Le Corbier : mais un peu dommage, car les groupes de mon niveau sont juste devant moi sur la fin de la cyclo… Merci par avance de ton partage. Franck.

  5. @ Florent : oui carrément, beaucoup plus qu’un lointain (et probablement vain) déplacement à Albi 😉
    Merci pour la remarque sur les liens, j’essaierai d’y penser à l’avenir…

  6. @ Franck : justement ça ne s’est pas fait en un jour, j’ai participé à plusieurs Arvan-Villards avant d’arriver -enfin- à marcher le troisième jour cette année. En soignant le repos, l’alimentation et surtout l’hydratation après chaque étape (pour ça la St-Yorre est idéale, en complément de protéines => le combo muesli / fromage blanc / riz au lait est très bien aussi). Et en amont, arriver avec un peu de fraîcheur => pour moi, aucune intensité de la semaine avant première étape qui sert souvent de déblocage. Puis se préparer mentalement à avoir mal aux jambes dès le Glandon à la troisième étape, car c’est ce qui se passe pour tout le monde… et gérer au mieux, en mangeant un peu plus sur le vélo car les réserves de glycogène sont limitées.
    Après c’est un travail de fond, cette saison je n’ai pas hésité à me faire des 4h en col sur la fatigue en lendemain de cyclo (quand ça se passe le samedi par exemple)… je n’ai pas encore tenté deux cyclos dans le même week-end (hors Chambérienne, mais les deux épreuves étaient courtes) mais ça doit aider aussi, à condition de ne pas finir totalement en travers le samedi et gérer la première heure (voire la deuxième) calmement le dimanche… ce que j’ai encore du mal à faire.

    Pour le Tour de l’Ain c’était un peu différent : n’ayant rien à jouer sur les deux premières étapes j’étais volontairement en dedans (essayant de ne pas perdre trop de terrain au général) avant de lâcher les chevaux sur les deux dernières étapes, où la forme est allée crescendo… avec ça et une bonne récup le soir avec massage du coach, les conditions étaient idéales pour performer… derrière j’enchaîne avec deux semaines de vacances vélo/repas/dodo en montagne à i3 max, et j’arrive avec une grosse caisse aux Deux-Alpes puis Annecy malgré un gros volume de vélo en montagne (manifestement bien digéré par l’organisme 🙂 ).

  7. Je te remercie pour ton partage d’expérience, ça peut donner des idées pour les années à venir, que j’essaierai de tester avant à l’entraînement.
    Bonne fin de saison, à bientôt.

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